Sonia Aloi nous propose chaque semaine un article consacré à l'art. Parallèlement au métier de dessinatrice, elle enseigne l'art et l'image dans les collèges et lycées. Aujourd'hui, elle évoque Goya.

Goya (Fuendetodos, Zaragoza, 1746- Bordeaux, France 1828) est le plus grand interprète du sentiment populaire sous tous ses aspects. Dans sa longue vie, il passe d'une sérénité apparente à une explosion d'émotions (c'est pourquoi je dois l'aimer) et ressent profondément le drame de son époque (nous sommes au tournant du 18e et du 19e siècles) et l'exprime avec une immédiateté, à la fois par la représentation angoissée de son "moi" et par la documentation des tragédies de la guerre. Dans ses œuvres, il y a un échange constant entre la joie et le désespoir, un artiste difficile à classer dans une catégorie spécifique (utile uniquement pour des raisons de commodité pédagogique) pour son audace et son originalité. Goya ne peut être compris que si l'on le situe dans la sphère culturelle où il est né et a vécu, il a ses racines dans toute l'ancienne tradition de l'Espagne ; une nation qui a été l'un des plus grands protagonistes de l'histoire mondiale, mais qui a maintenant perdu tout pouvoir, une nation qui connaît le luxe, la gloire de l'aristocratie et la misère la plus désespérée des pauvres ; une nation fanatiquement religieuse et laïquement critique, alternant les superstitions médiévales avec le rationalisme lucide du Siècle des Lumières ; un pays occidental mais qui conserve de nombreuses traditions arabes et surtout possède une forte composante populaire chez les gitans, los gitanos, avec leurs rites anciens et leur magie. Cela explique l'élégance de certains tableaux de Goya au XVIIIe siècle, où il représente divers aristocrates (mais toujours avec une touche d'ironie) et les représentations de rêves, de cauchemars et de visions.
"Le sommeil de la raison engendre des monstres" est une gravure réalisée en 1797 puis publiée en 1799, qui fait partie d'une série de quatre-vingts gravures "Los caprichos" ("Les caprices") et serait exactement le n° 43. Cette collection n'est pas faite sur commande, mais elle prend plutôt la lumière derrière un besoin de l'artiste lui-même.
Il représente une figure qui, une fois endormie sur un bureau, est entourée et observée par des bêtes monstrueuses, avec des connotations négatives. La fantaisie est à la base de toutes les créations mais si on la laisse délirer de manière incontrôlée, sans le soutien de la raison, elle peut conduire à des monstres et à de nombreux éléments inexistants. Si, en revanche, la raison est éveillée et rejoint l'imagination, dans une union intime entre la règle et le génie, elle donne vie à un instrument au pouvoir inépuisable.
Les monstres symbolisent les formes et les processus mentaux qui, relégués dans les profondeurs du subconscient, se révèlent une fois que la raison s'endort. C'est un conflit avec soi-même qui est troublé par ces visions issues de son âme propre. L'absence d'autonomie de la pensée conduira les hommes à un état de brutalité et de peur. Même la normalisation des événements traumatisants conduira inévitablement à affronter les monstres emprisonnés dans l'inconscient le plus profond, et il est juste que nous nous confrontions. Et pour les surmonter, il est nécessaire de ne pas perdre le contrôle de sa conscience critique, afin de ne pas être englouti par les ténèbres de l'irrationalité.
La gravure est conservée au Musée du Prado à Madrid.
Sonia Aloi : Facebook - Instagram
_____________________________________________
Sonia Aloi ci offre un articolo dedicato all'arte ogni settimana. Oltre alla professione di designer, insegna arte e immagine nelle scuole medie e superiori.

Goya( Fuendetodos, Saragozza, 1746- Bordeaux, Francia 1828) è il più grande interprete del sentimento popolare in tutti i suoi molteplici aspetti. Nella sua lunga vita passa dall’apparente serenità a un’esplosione di emozioni (per questo mi tocca amarlo) sente profondamente il dramma della sua epoca (siamo a cavallo tra il settecento e l’ottocento) e la esprime con immediatezza sia attraverso la rappresentazione angosciosa del proprio “io”, sia attraverso la documentazione delle tragedie della guerra. Nelle sue opere avviene un costante intercambio tra gioia e disperazione, artista difficile da classificare dentro una categoria specifica (utile solo per una comodità didattica) per la sua audacia e originalità. Goya lo si può capire solo se lo si colloca nell’ambito culturale nel quale è nato e vissuto, egli affonda le sue radici in tutta l’antica tradizione Spagna ; una nazione che è stata una delle massime protagoniste della storia mondiale, ma che ormai ha perduto ogni potere, una nazione che conosce il lusso, la gloria dell’aristocrazia e la miseria più disperata dei poveri; una nazione che è fanaticamente religiosa e laicamente critica che alterna superstizioni medievali al lucido razionalismo illuminista; un paese occidentale ma che conserva molte tradizioni arabe e soprattutto che ah una forte componente popolare negli zingari, los gitanos, con i loro riti antichissimi e le loro magie. Si spiegano così l’eleganza settecentesca di alcuni dipinti di Goya dove ritrae vari aristocratici (ma sempre visti con un pizzico di ironia) e le rappresentazioni di sogni, incubi e visioni.
“Il sonno della ragione genera mostri” è un’acquaforte realizzata nel 1797 e poi pubblicata nel 1799 fa parte di una serie di ottanta incisioni “Los caprichos” (I capricci) e sarebbe esattamente la n° 43. Questa raccolta non è realizzata dietro un incarico ma prende luce dietro un’esigenza dell’artista stesso.
Rappresenta una figura che una volta addormentata su uno scrittoio viene circondata e osservata da bestie mostruose, dai connotati negativi. La fantasia è alla base di tutte le creazioni ma se lasciata delirare in maniera incontrollata, senza supporto della ragione può condurre ai mostri e a tanti elementi inesistenti. Se invece la ragione è sveglia e si unisce alla fantasia, in un intimo connubio tra regola e genio, si dà vita a uno strumento dalla potenza inesauribili.
I mostri simboleggiano quelle forme e quei processi mentali che relegati negli abissi del subconscio si palesano una volta che la ragione si addormenta. Si tratta di un conflitto con sé stesso travagliato da queste visioni scaturite dalla propria anima. L’assenza di autonomia di pensiero porterà gli uomini ad uno stato di brutalità e di paura. Anche normalizzare eventi traumatici porterà inevitabilmente ad affrontare i mostri imprigionati nell’inconscio più profondo ed è giusto che ci si scontri e per vincerli è necessario non perdere il controllo della propria coscienza critica per non essere inghiottiti dal buio dell’irrazionalità.
L’incisione è conservata nel Museo del Prado a Madrid.
___________________________________
Cet article vous a plu ? N'hésitez pas à le partager !
Vi è piaciuto questo articolo? Sentitevi liberi di condividerlo!
⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️