Sonia Aloi nous propose chaque semaine un article consacré à l'art. Parallèlement au métier de dessinatrice, elle enseigne l'art et l'image dans les collèges et lycées. Aujourd'hui, elle évoque René Magritte.
René Magritte (Lessines, Belgique, 1898 - Bruxelles, 1967) connaît tous les principaux représentants du surréalisme à Paris et développe la tendance à la représentation fantastique des rêves et des cauchemars. Il aime représenter les éléments communs qu'il a sous les yeux tous les jours : même les hommes sont représentés dans leur banal quotidien, correctement habillés comme n'importe quel bourgeois mais combinés à une diversité surréaliste.
Sa peinture est aussi précise et méticuleuse que celle d'un ancien Flamand, et cette exactitude, placée ou accolée à des éléments et des contextes absurdes et irréels, transporte le spectateur. Dans le tableau "L'empire des lumières" où est représentée une rue sombre, la nuit sur fond d'un ciel diurne plein de lumière parsemé de nuages duveteux exprime un subtil sentiment d'angoisse. Il crée un contraste irréel entre le ciel bleu générant une lumière sereine et la nuit sombre et mystérieuse dans laquelle est plongée la partie inférieure du tableau, avec des arbres noirs silhouettés contre le ciel et une maison sombre aux fenêtres presque toutes fermées, à peine éclairée par un lampadaire placé devant la façade. L'agitation causée par l'arcane est accrue par la précision évidente avec laquelle chaque élément de la composition est représenté.
Il n'utilise pas d'éléments fantastiques mais seulement une combinaison paradoxale du jour et de la nuit, brisant une règle de temps, de telle sorte que la luminosité du ciel devient choquante et rend l'obscurité vide en dessous encore plus impénétrable. La juxtaposition est inattendue et crée une atmosphère nouvelle et fascinante qui est peut-être dérangeante à voir car elle fait penser à quelque chose de tragique qui peut se produire d'un moment à l'autre. Cette agitation provient de la contradiction entre tout ce que nous savons et dont nous sommes certains et ce qui semble mettre en doute nos certitudes. Ce genre d'association ambiguë est très similaire aux images de nos rêves, lorsque, par exemple, nous mélangeons des fragments d'objets différents et que les frontières entre des choses distinctes disparaissent. C'est précisément le secret du langage figuratif suggestif de Magritte. Certains pensent que l'une des deux parties du tableau représente la réalité et l'autre la transfiguration de la réalité, avec le grand arbre au milieu, le filtre de la conscience et de la raison.
Je considère ce tableau comme un chef-d'œuvre absolu tant pour sa poésie que pour sa capacité à nous faire réfléchir et c'est pour cette raison que je dois aimer Magritte.
Il existe plusieurs versions de ce tableau : la première, de 1950, conservée au Museum of Modern Art de New York ; la seconde, de 1954, exposée aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique ; une troisième, réalisée en 1967 et conservée dans une collection privée.
Cette œuvre, datant de 1954, est aujourd'hui exposée à la Collection Peggy Guggenheim à Venise.
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Sonia Aloi ci offre un articolo dedicato all'arte ogni settimana. Oltre alla professione di designer, insegna arte e immagine nelle scuole medie e superiori.
René Magritte (Lessines, Belgio, 1898 – Bruxelles, 1967) a Parigi conosce tutti i principali esponenti del surrealismo e sviluppa la tendenza alla rappresentazione fantastica dei sogni e degli incubi. Ama rappresentare elementi comuni che ha sotto gli occhi tutti i giorni, anche gli uomini sono rappresentati nella loro banale quotidianità, vestiti correttamente come un qualsiasi borghese ma accostati a una diversità surreale.
La sua pittura è precisa e meticolosa come quella di un fiammingo antico e questa esattezza veristica collocata o affiancata ad elementi e contesti assurdi e irreali spiazzano lo spettatore. Nel dipinto "L’impero delle luci” dove è rappresentata una strada buia, di notte sullo sfondo di un cielo diurno ricco di luce cosparso di vaporose nuvole esprime un sottile senso di angoscia. Realizza un irreale contrasto tra il cielo azzurro generatore di luce serena e la cupa notte misteriosa in cui è immersa la parte inferiore del dipinto, con i neri alberi che si stagliano sul cielo e una casa buia con le finestre quasi tutte chiuse, appena illuminata da un lampione posto davanti alla facciata. L’inquietudine determinata dall’arcano è accresciuta dalla netta precisione con cui è rappresentato ogni elemento della composizione.
Non utilizza elementi fantastici ma solo una combinazione paradossale del giorno e della notte, infrangendo una regola temporale così la luminosità del cielo diventa sconvolgente e rende la vuota oscurità sottostante ancora più impenetrabile. L’accostamento è inatteso e crea un’atmosfera inedita e affascinante forse inquietante da vedere perché fa pensare a qualcosa di tragico che può accadere da un momento all’altro. Quest’inquietudine nasce dalla contraddizione tra tutto ciò che conosciamo e di cui siamo certi e ciò che sembra mettere in dubbio le nostre certezze. Questo tipo di associazione ambigua è molto simile alle immagini dei nostri sogni, quando, per esempio, mescoliamo frammenti di oggetti diversi e i confini tra cose distinte svaniscono. È proprio questo il segreto del suggestivo linguaggio figurativo di Magritte. Alcuni ritengono che una delle due parti del dipinto rappresenti la realtà e l’altra la trasfigurazione della stessa, con al centro il grande albero, filtro della coscienza e della ragione.
Questo dipinto lo ritengo un capolavoro assoluto sia per la sua poesia e sia per la sua capacità di farci pensare e per questo mi tocca amare Magritte.
Esistono diverse versioni di questo dipinto la prima, del 1950, conservata nel Museum of Modern Art di New York; la seconda, del 1954, esposta al Musées Royaux des Beaux-Arts in Belgio; una terza, opera realizzata nel 1967 e conservata in una collezione privata.
Questa è del 1954 ed è oggi esposta presso la Collezione Peggy Guggenheim a Venezia.
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