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L'Ambidextre

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BD, Livre, Dessin, Peinture, Musique, Jeu Vidéo


Hier, c'était mARTdi ! - Ieri era mARTEdì! : Giovanni Segantini

Publié par Sonia Aloi sur 25 Novembre 2020, 16:21pm

Catégories : #art, #arte, #mARTEdi, #mARTdi, #aloisonia, #soniaaloi, #segantini, #Italie, #Italia

Hier, c'était mARTdi !

Sonia Aloi nous propose chaque semaine un article consacré à l'art. Parallèlement au métier de dessinatrice, elle enseigne l'art et l'image dans les collèges et lycées. Aujourd'hui, elle évoque Giovanni Segantini.

Le tableau de Giovanni Segantini (Arco, 1858 - Suisse 1899) qui m'a ensorcelé "Le cattive madri" s'inspire d'un thème assez controversé et débattu : la mission assignée par la nature aux femmes est de donner la vie et de prendre soin de la progéniture en dénigrant la femme qui utilise des précautions contraceptives pour ne pas tomber enceinte, séparant ainsi l'acte sexuel de la procréation.
Mais avant de prendre une position idéologique à l'opposé de l'artiste, je voulais comprendre la raison de sa pensée.
Segantini vit une enfance dramatique à cause de la pauvreté de sa famille. Avec la mort de sa mère à l'âge de sept ans, il vit comme orphelin et vagabond dans les bidonvilles de Milan et est finalement enfermé dans une maison de correction. Malgré sa jeunesse troublée, il parvient à développer une sensibilité artistique qui trouvera un exutoire dans la peinture "divisionniste" flanquée d'une composante symboliste. Pendant des années, le thème de la maternité a été très présent dans la vie de l'artiste, transformant la nostalgie de sa mère en une obsession artistique.
Le texte qui l'a inspiré est le Nirvana de Luigi Illica dédié aux "mauvaises mères", aux femmes qui étaient avorteuses ou qui pratiquaient le sexe uniquement pour le plaisir et non pour procréer avec une forte connotation de jugement.

La femme lascive qui a rejeté la maternité erre en punition dans la tempête et le silence. Aussi belle qu'une statue de marbre, elle se retrouve prise dans les branches d'un arbre avec ses cheveux. La blancheur de la neige la condamne à une solitude glaciale. L'arbre est sec, tout est calme, cristallisé. Aucun sauvetage en vue : la forêt d'arbres squelettiques continue en arrière-plan et les montagnes scellent l'horizon. C'est un monde raréfié et fantomatique, comme sous un mauvais sort. De la branche, cependant, la tête d'un enfant s'épanouit. Il s'agit d'un arbre magique qui contient un être vivant. Avec ses lèvres, il suce le sein de la femme. Elle se tortille et accepte son rôle en tordant et en répétant la forme également tordue de l'arbre, générant un mouvement contraire vers la gauche. L'arbre commence à libérer la femme pardonnée et rachetée. Graphiquement, la peinture est d'une puissance et d'une beauté rares ; les coups de pinceau de couleurs pures à longs filaments donnent une luminosité cristalline. Segantini pense que le mélange des couleurs mène au noir et donc à l'obscurité, ce n'est qu'en gardant les couleurs pures que l'on peut obtenir la lumière et la vérité. Dans ce choix technique, je perçois également une intention politique. En tout cas, ce travail alimente un doute et une ambiguïté : la femme souffre-t-elle de la maternité ou l'accepte-t-elle de plein gré ? Les mauvaises mères (Le cattive madri) doivent être regardées sans bruit comme un film muet.

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mARTEdì di Sonia Aloi


Sonia Aloi ci offre un articolo dedicato all'arte ogni settimana. Oltre alla professione di designer, insegna arte e immagine nelle scuole medie e superiori.

Il dipinto di Giovanni Segantini (Arco, 1858 – Svizzera 1899) che mi ha stregata “Le cattive madri” trae spunto da un tema piuttosto controverso e dibattuto: la missione assegnata dalla natura alla donna è quella di dare vita e prendersi cura della prole denigrando la donna che usa precauzioni contraccettive per non restare incinta, separando così l’atto sessuale dalla procreazione.
Ma prima di schierarmi ideologicamente dalla parte opposta dell’artista ho voluto capire del perché del suo pensiero.
Segantini vive un’infanzia drammatica a causa della povertà della sua famiglia. Con la morte della madre a soli sette anni vive orfano e vagabondo nei bassifondi di Milano e infine viene rinchiuso in riformatorio. Nonostante la sua giovinezza travagliata riesce a sviluppare una sensibilità artistica che troverà sbocco nella pittura divisionista affiancata da una componente simbolista. Il tema della maternità incalza per anni nella vita dell’artista che trasfigura la nostalgia per la madre in un’ossessione artistica.
Il testo a cui prende ispirazione è Nirvana di Luigi Illica dedicato alle “male madri” alle donne abortiste o che praticavano il sesso solo per il piacere e non per procreare con una forte connotazione giudicante.

La donna lussuriosa che ha rifiutato la maternità vaga per punizione nella tormenta e nel silenzio. Bella come una statua di marmo rimane impigliata coi capelli ai rami di un albero. Il candore della neve la condanna a una gelida solitudine. L' albero è secco, tutto è immobile, cristallizzato. Nessun soccorso in vista: la foresta di alberi scheletriti prosegue sullo sfondo e i monti sigillano l' orizzonte. È un mondo rarefatto e spettrale, come sotto un incantesimo maligno. Dal ramo però fiorisce una testa di bimbo. È un albero magico che racchiude un essere vivente. Con le labbra succhia il seno della donna. Lei si contorce e accetta il suo ruolo contorcendosi e ripetendo la forma altrettanto contorta dell'albero, generando un movimento contrario verso sinistra. L’albero comincia a liberare la donna perdonata e redenta. Graficamente il dipinto è di una rara potenza e bellezza le pennellate di colori puri a lunghi filamenti donano una cristallina luminosità. Segantini ritiene che mescolare i colori conduce al nero e quindi all’oscurità, solo mantenendo puri i colori si può ottenere la luce e la verità. Anche in questa scelta tecnica con annessa spiegazione percepisco un suo intento politico. In ogni caso quest’opera alimenta un dubbio e un’ambiguità: la donna subisce la maternità o l’accetta volentieri? Le cattive madri è da guardare senza sonoro come un film muto.

 

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